Deux semaines à velo du Yucatan au Quintana Roo

Pour terminer en beauté et en velo-rando cette année 2019, nous avons choisi de migrer à l’extrême sud-est du Mexique, en pays Maya vers la péninsule du Yucatan et le Quintana Roo. De Mérida à Bacalar, nous avons profité malgré le tourisme de masse d’un large soleil revigorant et de merveilles naturelles. Voici nos meilleurs souvenirs 🙂

Calin de Noël à Mérida

Depuis Mérida où nous sommes accueillis aux petits oignons par nos hôtes Warmshowers Ken & Erin, nous partons sur une petite route jusqu’à Izamal. La journée est très tranquille, ponctuée de multiples « topes » (dos d’ânes bien en forme) et de quelques villages typiques : une grande place endormie ornée d’arbres tropicaux, quelques commerces et des décos de Noël bien sûr !

Place municipale sur la route de Valladolid

À Izamal, la cité jaune, nous déambulons dans des ruelles assez calmes rappellant l’Andalousie puis nous visitons l’immense église centrale ainsi qu’une ancienne pyramide maya, petite et plutôt coquête.

À Valladolid, nous fêtons Noël à l’auberge de jeunesse autour d’un buffet partagé entre backpackers puis découvrons notre première cenote le lendemain (piscine naturelle, généralement assez profonde et à l’eau limpide). La ville n’est pas spécialement charmante par ailleurs.

Pause casse croûte colorée

60km plus au sud, après une route un peu monotone, truffée de plastiques et de décharges sauvages, nous découvrons Coba et son grande site archéologique Maya. Ironie du sort, les touristes se déplacent par centaines en vélos de location (après être venus en bus et pick up…) mais on nous interdit l’accès avec nos propres montures ! On y passera donc deux bonnes heures à pied mais le lieu vaut le détour. Puis nous faisons une halte pour la nuit au frais, à l’orée de la jungle, au Malinche Inn Café que nous vous conseillons vivement !

Temple maya dans le site archéologique de Coba

Prochaine étape : Tulum ! Nous débarquons le 27 Décembre, au coeur des vacances de hordes d’européenes et américains venus chercher le soleil et se détendre sur la côte Caraïbe. Autant vous dire que de prime abord, on est un peu méfiants. Mais finalement le charme opère, en grande partie grâce à Ursulla, une autrichienne reconvertie en guide locale, captée par magie via un contact Warmshowers. En 2 jours rapides, nous visitons une nouvelle cenote et profitons d’une nourriture locale et variée en ville.

Ursula, la belle rencontre de Tulum

La suite ? Punta Allen par une route un peu cahotique le long de luxueux hôtels sur 10km puis 40km sur un chemin piégeux assez sauvage dans la réserve de Sian Ka’an. La mer, très proche du chemin, revêt ses sublimes teintes bleues et vertes mais aussi, comme en Indonésie, ses amas de déchets sur le rivage.

Jolie vue sur la route de Punta Allen

Nous passons la fin de journée dans un camping charmant qui nous a été conseillé par Ursula. L’ambiance est tropicale : cocotiers, oiseaux chanteurs et…moustiques !
De ce fin bras de terre, le lendemain, nous rejoignons par bateau un chemin désert qui serpente entre mangrove et jungle sur plus de 50km. On y aperçoit un couple de renards, des singes araignées et quelques oiseaux qui se camouflent décidément trop bien !

Jeune Yellowthroat de Sian Ka’an

170km plus au sud, après une halte en bord de lagune, et des heures de pédalage un peu ennuyantes sur des routes droites à l’infini et plates, nous retrouvons la mer des Caraïbes à Mahahual. Haut lieu de plongée, et étape de bateaux de croisières gigantesques, le village reste agréable et se prête bien au vélo. On cuisine et on se repose dans un chouette camping et hop nous voici en 2020 !

Bricolage de vélo à Mahahual

Le 1er Janvier, nous avons rendez-vous à 10h du mat’ pour réaliser deux belles plongées le long du récif coralien. Nous souhaitons la bonne année à quelques poissons perroquets, poissons anges, mérous, murènes, une raie, une tortue ou encore des écrevisses. Mais n’embellissons pas trop, les coraux sont tout de même bien abimés par l’activité humaine…

Dernière étape au Quintana Roo, nous passons 2 jours à Bacalar et Xul Ha au bord de la célèbre lagune aux 7 couleurs.

Lagune de Bacalar

Le vélo est à nouveau très pratique pour se déplacer sur les divers sites, là où la grande majorité des touristes se ruent sur les taxis et bus… Une virée en kayak et quelques baignades terminent ces deux belles semaines au coeur de l’hiver !

Camping au calme à Xul Ha

Un tiempo en Hidalgo

Comme une promesse de longue date, après sa visite en 2012 dans le cadre du projet étudiant de construction de fours et séchoirs solaires « Mexisol », Cléa rêvait que l’on retourne à Ixmiquilpan et Orizabita, dans l’État d’Hidalgo.

Tout juste arrivés sur le « continent » à Mazatlán, après 20h de ferry, nous empruntons donc un bus de nuit direction Queretaro puis un second dans la foulée vers Ixmiquilpan. 48h après notre départ de La Paz, nous retrouvons avec joie à Iximiquilpan Ia petite famille Cruz (Irving, Joanna et leurs deux petites Lia et Sam) puis Maricela, la maman d’Irving, qui était à l’origine du partenariat avec les étudiant.e.s de Perpignan. Les rues sont animées à l’approche de Noël et nous passons une super semaine à vadrouiller dans les environs en compagnie de nos hôtes.

Nous souhaitions simplement partager deux ambiances sonores particulières. On commence par le marché d’Ixmi !

Marché hebdomadaire d’Ixmiquilpan
Etals d’épices et de vêtements

Chaque Lundi, la bourgade se métamorphose pour accueillir des étals de fruits, légumes, épices, vêtements et autres objets insolites. Si les odeurs sont moins prononcées qu’en Asie, les couleurs y sont exacerbées et on retrouve les grands classiques mexicains : tortillas en vrac, (ji)tomates, chilis, jalapeños, avocats, nopals, goyaves, figues de barbarie, mandarines, etc. ! Le tout dans une atmosphère festive et une bande son cumbia différente à chaque coin de rue 🙂

Posada de Orizabita
Après la messe, quelques animations de rue !

Seconde ambiance, dans le village d’Orizabita un soir de « Posada ». Cette tradition catholique très ancrée au Mexique consiste à organiser une messe et des festivités chaque soir durant les 8 jours précédant le réveillon de Noël.
La cérémonie réligieuse en elle-même n’a rien de particulièrement exotique mais les festivités valent le détour ! On assite ainsi à une déambulation de luminions guidée par un trio accordéon-guitare-chant, ponctuée de feux d’artifices à intervalles irréguliers, puis à une distribution de bonbons, « tamales », punch local, café et boissons chocolatées pour tous !
La fraîcheur hivernale est bien là et nous apprécions cette ambiance familiale et conviviale, bien différente de la réputation dangereuse ou insécuritaire que porte habituellement le pays !

Au pied du vieil arbre et de l’église d’Orizabita

Pour le reste de cette belle semaine, nous avons eu la chance de découvrir les alentours et quelques coutûmes locales : Tolantogo et ses sources d’eau chaudes surnaturelles, le Temazcal mystique et revigorant ou encore les excellents repas souvent à bases de tortillas et (un peu trop) de viande comme la « barbacoa » et sa cuisson à l’étouffée sous les feuilles de maguey…) ou encore une randonnée sympa sur les hauteurs de Pachuca !

Cuisson traditionnelle de la « barbacoa »
Balade sur les hauteurs de Pachuca

La Baja del Norte

La Basse Californie est un territoire immense et désertique. Depuis Rosarito, banlieue sud de Tijuana, jusque La Paz, porte d’entrée vers l’extrême sud, 1460km de route nous attendent.
Pour gagner quelques bornes et éviter la route 1 peu agréable, nous quittons en bus la ferme Cuatros Vientos le 10 Novembre direction Ensenada à 90km plus bas. Nous sommes heureux d’avoir pu donner un coup de main à Victoria, sa petite famille, Andres et Octavio, dans les premiers travaux depuis leur installation : nettoyage, électricité, plomberie, création d’une nurserie, etc.

Sortie d’école à Rosarito !

La bourgade d’Ensenada est sympa (centre culturel, musée) et Lizette nous accueille chaleureusement sur sa colline et sur son canap’ pour la nuit.

Patio du centre culturel d’Ensenada

Le lendemain c’est parti pour la traversée d’ouest en est de la péninsule sur la route 3 ! Ça monte doucement mais sûrement et les habitations se font plus rares que les rapaces. La végétation se teint de jaune quand elle n’est pas simplement brulée. C’est beau et sauvage. On atteint Ojos Negros à 15h, son unique rue et son air de Far West. Le camping est étonnament agréable, avec même du gazon pour nos sardines !

Ptit dej’ dans la fraicheur de la Sierra

2ème jour de traversée et 75km pour rallier Lazaro Cardenas. Les hautes plaines sont presque intimidantes et nous nous sentons privilégiés de les traverser à vélo, d’autant que le revêtement est très bon. Quelques rares camions troublent la quiétude mais sont assez respectueux des distances de sécurité. Grand luxe, petit hôtel pour ce soir.

San Felipe et la mer de Cortes se rapprochent, il nous faudra tout de même pédaler encore 110km pour y arriver. La descente est chouette, on traverse un immense parc éolien en construction, et des routes toutes droites sur des dizaines de kilomètres.

Quand t’es dans le désert ?

Une fois rattrapée la route 5, nous longeons le détroit du Colorado d’un blanc immaculé, complètement à sec. Nous faisons une halte à Pete’s Camp, un repère de gringos qui prend tout son charme avec le lever de lune sur la mer !

Siesta à l’ombre du « cardon » !

Dernier jour aux alentours de San Felipe, l’état de la route se détériore mais ne nous empêche pas d’atteindre Punta Estrella où Barry & Pam nous accueillent en Warmshowers dans leur quartier tout clean au milieu des cactus. Nous passons une folle soirée à la sauce US entre sexagénaire. Tout le voisinage est là et nous jouons à un jeu de société entrecoupé de plats mexicains home made. Plutôt cool !

On repart vers Puertecitos sur une route qui alterne entre goudron neuf et travaux restants suite à un ouragan survenu il y a 3 ans qui a particulièrement endommagé les ponts. Ça passe et ça a l’air de dissuader les camions, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Memo, mexicain lui même cycliste quand il n’est pas derrière le comptoir, nous sert un verre puis 2 puis nous propose de passer la nuit à même le sol de son bar mythique « Cow Patty » : on accepte et la nuit est douce, ponctuée de conversations entre coyottes et chiens locaux !

Le bar « Cow Patty » de profil

Toujours sur la route 5, nous pédalons le lendemain jusque Alfonsina. Nous ne croisons aucun village pendant 75km et arrivons au camping vers midi, sur une jolie baie en bord de mer de Cortes. Amélie, une cycliste québécoise qui fait la même route avec un jour d’avance, nous salue et nous finissons par partager l’apéro et les tortillas maison ! Vers 23h, une flopée de mexicains débarque sur l’emplacement voisin et entame leur soirée en chantant sur les bandes sons des mariachis. Impossible de dormir aussi près du sound system : on déménage le hamac et les vélos.

Vue sur la mer de Cortes depuis notre « palapa »

Dimanche 17 Novembre, nos derniers coups de pédale et un coup de pouce de pick up nous permettent d’atteindre Santa Rosalillita, village de pêcheurs bordés de dunes en bord de Pacifique.

Agaves et dunes de Santa Rosalillita

Nous faisons la rencontre de David et Margie, californiens quinquagénaires hyper cools, surfeurs et bricolos, chez qui nous serons volontaires pendant 10 jours. Leur maison, seule perchée au dessus d’une baie prisée des surfers, faite d’argile et de chaux, de squelettes de cactus, de bouteilles et pneus de récup est sublime. Quelle expérience de les aider dans leurs projets, d’apprendre leurs techniques d’ecoconstruction et bien d’autres choses encore !

Atelier peinture dans les nuances d’ocres locales

Sonidos de Tijuana

Souvenirs sonores sur la plage de Tijuana, le 4 Novembre 2019.

La musique est très présente au Mexique. Si vous souhaitez en apprendre davantage à ce sujet, on vous conseille cette très bonne émission de France Culture :